Rencontre nationale des clubs scolaires du programme à l’école en toute sérénité : la participation de l’enfant au centre des débats

Du 20 au 23 juillet 2026, Loumbila s’est transformé en un véritable espace d’expression pour l’enfance burkinabè. Pendant quatre jours, des élèves venus de plusieurs communes du pays y ont vécu une expérience peu commune : celle d’être écoutés, non pas comme de simples bénéficiaires d’un programme, mais comme des acteurs à part entière de leur propre bien-être. Cette rencontre a été organisée par l’Association des jeunes pour le bien-être familial (AJBF), aux côtés des organisations partenaires du programme « À l’école en toute sérénité », avec l’appui technique et financier de la Fondation néerlandaise Kinderpostzegels.

Dès l’ouverture, le ton était donné. Face à un parterre d’encadreurs, de responsables associatifs, de partenaires techniques et d’autorités éducatives, ce sont les enfants eux-mêmes qui ont occupé le devant de la scène. Panels de plaidoyer animés par les enfants autour du « porte-monnaie des enfants », débats oratoires, slam, poésie, théâtre, danse, soirée de contes : chaque format a été pensé par les enfants eux-mêmes comme un canal pour s’exprimer dans leurs propres mots, leurs préoccupations, leurs aspirations et leur vision du Burkina Faso de demain.

Cette liberté d’expression n’est pas un simple exercice de style. Elle traduit une conviction que les adultes présents ont, à tour de rôle, réaffirmée : un enfant qui s’exprime, qui partage ses idées et qui participe aux décisions qui le concernent, devient un véritable moteur de changement dans son école et sa communauté.

Des adultes qui choisissent d’écouter plutôt que de décider pour eux

Ce basculement de posture a marqué les échanges. La présidente du comité d’organisation, Atsalia Kanzié, a insisté sur le fait que les clubs scolaires ont appris aux enfants à promouvoir la paix, à protéger leurs camarades, à prendre soin de leur santé mentale et à défendre leurs droits tout en assumant leurs devoirs.

Du côté de la présidence de la cérémonie détenu par le Directeur général de l’INFPE, on a rappelé que reconnaître l’enfant comme acteur de son bien-être suppose de lui donner les moyens de développer son esprit d’initiative, sa résilience et son sens des responsabilités et de cesser de le considérer uniquement comme destinataire d’une aide.

La Fondation Kinderpostzegels, représentée par sa directrice, est allée dans le même sens en s’adressant directement aux enfants : leur voix, leur connaissance de leur propre vie, de leur école et de leur communauté, en font les mieux placés pour dire ce dont ils ont besoin pour construire leur avenir. Le parrain de la cérémonie, l’ambassadeur des Pays-Bas au Burkina, a souligné qu’offrir à l’enfant un cadre de sécurité psychologique structuré et bienveillant est la condition première pour qu’il devienne réellement acteur de son bien-être.

Le bien-être et la citoyenneté, vécus et pas seulement enseignés

Au-delà des discours, les enfants ont été mis en situation. Une visite du Mémorial Thomas Sankara les a plongés dans l’histoire citoyenne du pays. Une séance d’aérobic et la projection d’un film sur la santé mentale sont venues ancrer, de façon ludique, l’idée que prendre soin de soi fait partie intégrante de la réussite scolaire. La soirée culturelle des enfants a d’ailleurs offert l’un des moments les plus marquants de la rencontre : l’artiste musicien Smarty en a été le clou du spectacle, portant sur scène l’énergie et l’enthousiasme des jeunes participants.

Cette rencontre nationale n’a pas seulement été un temps de bilan : elle a été la démonstration, sur quatre jours, que l’on peut construire des politiques éducatives avec les enfants plutôt que seulement pour eux. Les recommandations issues des échanges sont désormais entre les mains des encadreurs et des mentors, invités à les transformer en actions concrètes et durables pour que la parole donnée aux enfants à Loumbila continue de porter, bien au-delà de ces quatre journées.

Porté depuis 2022 par un consortium de cinq organisations nationales (AJBF, ATtous-Yennenga, ACPC-BF, AZLY et ADEP) avec l’appui de Kinderpostzegels, le programme « À l’école en toute sérénité » repose sur trois piliers : l’éducation, la participation des enfants et la résilience par la promotion de la santé mentale. 

Il est aujourd’hui déployé dans 199 établissements scolaires, à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Manga, Yako, Gourcy, Sabou, Gogo et Guiba. Entre mai 2022 et décembre 2025, ce sont 221 619 personnes qui en ont directement bénéficié, dont 144 175 élèves et plus de 1 800 enseignants du primaire et du secondaire, aux côtés de parents et de leaders communautaires.

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