Les 15 et 16 juin 2026, l’Association des Jeunes pour le Bien-Être Familial (AJBF), en partenariat avec l’Association Tout pour Tous Yennenga (Attous Yennenga), a organisé à Sabou une commémoration de la Journée de l’Enfant Africain sous le thème : « Participation de l’enfant dans son processus d’apprentissage scolaire et social : importance, défis et perspectives ». Deux jours d’échanges, de réflexion et d’expression pour replacer l’enfant au cœur de son propre destin.
« Un enfant écouté est un enfant qui apprend mieux, s’épanouit davantage et contribue positivement au développement de sa communauté. » C’est sur cette conviction que l’AJBF et Attous Yennenga ont choisi la commune de Sabou pour célébrer la Journée de l’Enfant Africain, inscrite chaque 16 juin dans le calendrier continental. Une date symbolique, née du souvenir douloureux du soulèvement de Soweto en 1976, aujourd’hui transformée en appel à l’action pour la protection et la promotion des droits des plus jeunes.
La participation de l’enfant au cœur de la conférence
Dès le 15 juin 2026, la salle de conférence de la Mairie de Sabou a accueilli les participants pour une conférence sur l’importance de la participation de l’enfant dans son apprentissage scolaire et social. Enseignants, membres de clubs scolaires, responsables d’établissements et partenaires du programme se sont retrouvés autour d’un même questionnement : comment redonner à l’enfant le droit d’exister dans l’espace éducatif ?
La conférence, coanimée par la coordination du programme et le conseiller local, s’est articulée en plusieurs séquences. D’abord, Charles Drabo, Éducateur social à Sabou, a ouvert les travaux en clarifiant les concepts fondamentaux : qui est l’enfant, qu’entend-on par participation scolaire et participation sociale, et quels textes nationaux et internationaux garantissent ce droit ? La parole est ensuite donnée à Jean Isaac Ouattara, conseiller local du programme, pour exposer les défis concrets observés sur le terrain, des perceptions culturelles qui musèlent l’enfant, un manque d’espaces d’expression adaptés, des pratiques pédagogiques encore trop directives. Enfin, un tour de table a été fait pour recueillir les perspectives et les solutions.
La séance de témoignages, ouverte participants, illustre de façon vivante comment l’implication d’un enfant dans la résolution de son propre problème change la donne. La conférence se conclut par une session de recommandations collectives portées à la fois par les élèves et les enseignants, scellée par un engagement de chaque groupe pour améliorer concrètement la participation des enfants dans leurs établissements respectifs.
La commémoration du 16 juin : l’enfant en scène, l’enfant en action
Le lendemain, mardi 16 juin 2026, l’école primaire Sabou Centre A se transforme en espace de vie et d’expression. Dès 8h00, enfants, enseignants, autorités locales, leaders religieux, représentants des forces de défense et de sécurité, acteurs de la santé, de l’action humanitaire et des organisations paysannes se sont installés dans la cour pour une matinée commémorative riche et foisonnante.
La cérémonie officielle, a donné le ton dès les premières minutes : des prestations de danse encadrent les discours officiels. Le mot de bienvenu de l’équipe de ATTous Yennenga est suivi du mot de la Coordination du programme, puis de celui du Chef de la Circonxcription de l’Éducation de Base (CCEB). Le chef de canton, figure d’autorité traditionnelle, prend à son tour la parole, avant que le Président du Conseil de Santé (PDS) ne déclare officiellement ouverte cette journée commémorative. Entre chaque allocution, les enfants ont occupé l’espace : poésies récitées avec conviction, récitals chantés, pièces de théâtre mettant en scène des situations scolaires vécues, et performances de danse rythmées signent la présence joyeuse et déterminée des plus jeunes.
Une séance de sensibilisation menée par les enfants eux-mêmes sur l’importance de la participation dans leur processus d’apprentissage marque un tournant symbolique fort : ce sont les enfants qui parlent aux enfants. Elle s’est faite à travers l’activité 20 de la Boîte à outils de résilience intitulée « Quête de la transformation de la pensée ». Elle a mobilisé toute l’énergie des participants. Animée par les enfants eux-mêmes, cette activité pédagogique invite chacun à proposer des pensées positives à proposer à quelqu’un qui en a des négatives. L’atmosphère est celle d’un atelier vivant, où la réflexion se mêle au jeu.
À Sabou, le 16 juin 2026 n’aura pas été une simple commémoration de plus. Ce fut une démonstration : quand on offre à l’enfant l’espace de s’exprimer, d’apprendre et d’agir, il ne le remplit pas à moitié. Il le déborde. L’AJBF et Attous Yennenga l’ont compris. Reste à continuer sur la dynamique, école par école, pour en faire une réalité quotidienne pour les 199 établissements du programme et bien au-delà.














